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Vote du budget aux Lilas – Pourquoi nous avons voté contre

Mercredi 16 avril dernier, nous étions amenés à discuter du vote du budget primitif de la ville des Lilas pour 2015. Ce budget est présenté dans un contexte national où le gouvernement, pour financer sa politique d’austérité, coupe massivement dans le budget des collectivités. Cela représente 750 000 euros pour la ville cette année et jusqu’à plus de 10 millions d’euros d’ici à 2020. Ces 750 000 euros représentent par exemple plus que le cout de fonctionnement du théâtre du Garde Chasse ou du Centre de loisirs et risques de rendre bien plus complexe l’exercice des missions des territoriaux de la ville.

Nous nous sommes donc opposé à ce budget. Mais surtout, fait plus notable encore, la droite elle, s’est abstenue. Elle ne semble donc pas s’opposer formellement à ce budget d’austérité soumis au vote par la majorité municipale.

Voici la déclaration faite au titre de notre groupe Municipal Les Lilas Autrement.

Trois éléments principaux vont motiver le vote du Groupe Les Lilas Autrement ce soir.

Tout d’abord ce projet présenté par la majorité municipale n’est pas le notre, et c’est bien légitime. Les Lilas Autrement avaient fait campagne pour une ville plus écologique, où la démocratie locale progresse, où les services publics sont renforcés : cuisine publique, eau etc.

Mais surtout, au-delà des appels à l’unité, aucune des propositions formulées par notre groupe n’ont eu de prises de position favorables de la municipalité.

En matière de sécurité et de prévention, les effectifs continuent de croitre pour accompagner les politiques de baisses des moyens de la police nationale, l’expérimentation de la vidéosurveillance est poursuivie, sans parler de l’armement de la police municipale à balle réelle.

Nous pensons aussi au maintien du projet de téléphérique, à l’absence de progrès notables en matière écologique, à la non prise en compte de nos propositions pour démocratiser le PLU, à l’absence de réponse sur la question du Quotient Familial et de sa proportionnalité. A titre personnel, je rajouterai l’application de la réforme des rythmes scolaires comme motivation supplémentaire avec aujourd’hui le Plan Éducatif de Territoire.

Enfin, ce budget est celui d’accompagnement des politiques d’austérité. Il ne peut être satisfaisant. Qu’une partie des membres du Conseil Municipal continue de soutenir la politique du gouvernement est une chose. Mais nous n’oublions pas que lorsque Sarkozy était au pouvoir et appliquait la même politique, une partie des élus socialistes avait été capable de mener la fronde contre cette politique.

Nous regrettons qu’une même politique ne produise pas les mêmes effets aujourd’hui.

Nous n’oublions pas enfin que ces baisses de dotations servent en partie à financer le Crédit Impôt Compétitivité Emploi. CICE qui sert à financer le PSE de nos camarades de RLD.

Pour toutes ces raisons nous voterons contre le budget.

Aux Lilas, les sales manœuvres d’un fonds vautour

La lutte sociale des travailleurs de RLD a donné lieu à un intéressant reportage de l’hebdomadaire Politis. Voici un extrait de cet article. Politis est en vente dans tous les kiosques et on peut s’abonner en ligne ici.

Extrait:

Quelques employés en blouse blanche traversent la rue des Bruyères pour rejoindre l’un des deux grands bâtiments de Régie linge développement (RLD), la blanchisserie industrielle des Lilas, en Seine-Saint-Denis. Les façades sont couvertes de tracts et de tissus accrochés aux fenêtres par les salariés, engagés dans un mouvement social qui a débuté en décembre par une semaine de grève, après l’annonce par le groupe RLD d’un projet de fermeture de l’usine.

RLD

Cible de la plupart des slogans, le « fonds vautour » Vermeer Capital Partners. C’est l’actionnaire principal de RLD, spécialisé dans l’entretien de vêtements, de linge et d’équipements d’hygiène, qui compte plus de deux mille salariés. « Le seul but de ce prédateur [devenu actionnaire principal en 2013] est d’effectuer de l’achat et de la revente de sites industriels afin d’augmenter ses profits pour distribuer des dividendes à ses actionnaires. Ne comptons pas sur [lui] pour avoir des états d’âme sur nos conditions de travail et nos emplois », assure l’intersyndicale CGT, CFDT et FO du site. Bruce Kalonji, préparateur de commandes et délégué syndical CGT, entre dans l’usine. Des centaines de bleus de travail et de blouses défilent sur des porte-manteaux mobiles. D’autres habits sont pliés dans des chariots sur roulettes et entreposés par des salariés. Les noms de grandes entreprises et d’établissements de santé apparaissent sur les pièces alignées par dizaines sur des cintres. « Ici, on traite 50 tonnes de vêtements, de draps et de tapis par an. On peut aller jusqu’à 70 tonnes. C’est une usine très rentable », expliquent le magasinier Abdel Belghache, délégué CGT, et son collègue de la CFDT, responsable hygiène. Bruce relativise : « Aujourd’hui, on tourne à 30 % de nos capacités. C’est deux heures, trois heures de travail par jour, pas plus, alors qu’on a eu plus de mille clients ! » Des machines sont arrêtées et certains salariés s’occupent comme ils peuvent. « Ils ont déplacé des clients des pôles santé sur d’autres sites, par exemple à Épinay-sous-Sénart. On est là pour être payés, mais on n’a pas de boulot. Pourtant, il y a encore quelques mois, l’usine tournait bien », se désole Josette, agent de maîtrise. « Ici, 80 % des salariés ont un salaire à peine supérieur au Smic, assurent Abdel Belghache et deux autres syndicalistes. Mais les cadres gagnent beaucoup plus, environ 5 000 euros. »

Sébastien Nkounkou, qui travaille à l’expédition, attend avec inquiétude la réponse de la direction régionale du travail, laquelle doit étudier la validité du plan social dans une quinzaine de jours : « On a créé une famille ici. On se connaît tous. Se séparer, cela fait mal au cœur. » Bisa Pavic, 63 ans, parvient à garder le sourire. Elle raconte, tout en pliant des blouses : « Je suis arrivée de Serbie en 1972. Cela fait quarante ans que je travaille aux Lilas. J’habite à côté et je n’irai pas travailler ailleurs. » Elle fait allusion au plan de sauvegarde l’emploi (PSE), qui propose une mutation à 62 salariés, 10 autres devant être licenciés. « La moitié des employés sont âgés de plus de 50 ans et un tiers ont plus de 20 ans d’ancienneté, relève Mathieu Agostini, conseiller municipal du Parti de gauche aux Lilas. Proposer une mutation sur un site très éloigné ou des primes dérisoires au déménagement revient à parler d’un plan de licenciements déguisé. » Le transfert d’activité « est envisagé sur les sites des Mureaux, du Plessis-Pâté, d’Épinay-sous-Sénart et de Châtenay-Malabry », indique l’intersyndicale. Danièle, agent de production, 38 ans « de boîte et de bons et loyaux services », ne se voit pas sur un autre site : « C’est loin. Il y a trois heures de transport. À 59 ans, ce n’est pas envisageable. » Abdel Belghache ajoute : « On ne va pas se leurrer. Regardez l’état du marché du travail aujourd’hui ! C’est quasi impossible pour nous de retrouver du boulot. » « Le PSE est très loin du minimum légal, renchérit Mathieu Agostini.»

Lire la suite de l’article sur le site de Politis

 

 

Blanchisserie RLD aux Lilas : Non à la casse sociale financée par le CICE

Cet article a été publié sur le site national du Parti de Gauche

Le site industriel de la blanchisserie des Lilas existe dans la ville depuis 90 ans. Ce site est aujourd’hui visé d’un plan de fermeture par le Fond de retournement Wermeer Capital, actionnaire principal depuis 2013. Les 72 salariés qui y travaillent sont menacés de licenciements. 46% des employés sont âgés de plus de 50 ans et 29% ont plus de 20 ans d’ancienneté. 11 personnes sont menacées de licenciements directs. Pour les autres, le Plan dit de « sauvegarde de l’emploi » leur propose une mutation sur des sites à plus de 3 heures de transports ou des primes dérisoires au déménagement. Ce sont des licenciements déguisés. D’ailleurs, le patron ne s’en cache plus. L’objectif est de liquider 150 salariés avant de se séparer du Groupe. Le patronat de l’entreprise est engagé dans une action de casse sociale.

Cette action de casse sociale est financée directement par les politiques du gouvernement.Effectivement, l’entreprise touchera au moins 4 millions d’euros de Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE). Ce cadeau fait au patronat sous prétexte d’emplois on le voit, sert en réalité à financer les licenciements. Rappelons que le site des Lilas est rentable ! Pour justifier la fermeture du site, le fond de pension a transféré les clients sur d’autres sites. Et pourtant, même avec cette politique anti-industrielle, le site reste rentable !

Les salariés de RLD avec leur intersyndicale CGT, FO, CFDT sont mobilisés depuis plusieurs semaines pour que la direction retire son projet de PSE qui vise à liquider le site et les emplois. Les salariés sont unis : toutes les organisations refusent aujourd’hui le PSE. Après une action de grève intersyndicale, le patron a fait assigner 6 salariés devant les tribunaux. Résultat ? Il s’est fait débouter. L’unité des travailleurs commence à porter ses fruits, ils sortent renforcés.

C’est ce qu’a montré la manifestation de Samedi 31 janvier aux Lilas qui a réuni plusieurs centaines de personnes à l’appel du comité de soutien.

Mathieu Agostini, conseiller municipal, prend la parole au nom du Parti de Gauche à l’arrivée de la manifestation pour soutenir les salariés de RLD.

Le Parti de Gauche, soutien depuis le début de la situation des salariés de RLD, a largement participé à cette manifestation. Le PG Les Lilas, Le Pré Saint Gervais, Romainville, Bagnolet mais aussi Paris et même du Val d’Oise étaient présents. Plus que jamais, la lutte aux côtés des salariés de la blanchisserie se poursuit.